Bonjour
Désolée pour mon long silence, j’étais à l’étranger!
Le mot que j’adopte cette semaine est : abigaïl
Abigaïl
Suivante, soubrette, femme de chamber
Abigaïl dans la littérature
" Tout était tranquille un jour dans l'auberge de l'écu de France, à Bourg-en-Bresse, quand un grand roulement se fit entendre, et qu'on vit paraître une superbe berline, forme anglaise, à quatre chevaux, remarquable surtout par deux très jolies abigaïls qui étaient juchées sur le siège du cocher, bien ployées dans une ample enveloppe de drap écarlate, doublée et brodée en bleu."
Jean-Anthelme BRILLAT-SAVARIN, Physiologie du goût ou Méditations de gastronomie transcendante
Source : Portail Lexical
Bonjour!
Le mot que j’adopte cette semaine est rififi.
Rififi
Arg. Dispute violente,
bagarre.
Rififi dans la littérature
"Il est seul? Oui? Alors mets-la en veilleuse. Lui cherche pas d'rififi. Laisse tomber"
Auguste LE BRETON,
Du rififi chez les hommes
Source : Portail lexical
- Désordre provenant d'une mauvaise gestion financière ou autre dans un pays, une administration ou une entreprise.
- Désordre, chaos, abomination.
"Voyons, Honoré. Tu sais que ce mariage serait un scandale, une énormité, une sinécure, une gabegie. Tu le sais bien que ce serait une gabegie (...).
Ça veut dire quelque chose de criminel, de honteux, quelque chose qui ne va pas bien."
Marcel PAGNOL, Fanny
Léon DAUDET, Les lys sanglants
Le mot que j’adopte cette semaine est : salique.
~Loi salique.Recueil des coutumes nationales saliennes, rédigé en latin à l'époque de l'invasion de la Gaule, revu officiellement sous Charlemagne, et qui contient essentiellement les tarifs de composition pécuniaire en cas de délits privés, des règles de procédure et de droit privé.
~Terre salique (lat.: terra salica). Terre venue des ancêtres par opposition à la terre récemment acquise, faisant partie du patrimoine familial, qui doit être transmise telle quelle à la génération suivante par le chef de famille et dont les filles n'héritaient pas puisqu'à leur mariage elles passaient définitivement dans la famille de leur époux.
*Salien : Peuple franc établi dans le delta du Rhin au début de notre ère et qui conquit la Gaule.
"Ceux qui ne pillent pas ne savent que gémir, Et, tremblant comme au temps des empereurs saliques, Adorer une châsse et baiser des
reliques!"
Victor HUGO, Les Burgraves
"Charles le Bel, qui s'était opposé à la loi salique, prit incontestablement la couronne et exclut les filles"
VOLTAIRE, Moeurs
Sorte de pâtisserie très mince et très cassante, à laquelle on donne la forme d'un cornet.
"On entendit tinter encore la sonnette du marchand de coco, et grincer la crécelle de la vendeuse d'oublies."
Paul ADAM, L’enfant D’Austerlitz"Un secret, en somme, pour vous, c'est le boulevard des Italiens. On s'y promène. On y mange des oublies. On y conte fleurette."
Jacques AUDIBERTI,Théâtre, tome I
Je n’ai malheureusement pas trouvé d’image d’oublies mais j’ai trouvé une page intéressante sur les repas au Moyen Âge, les repas de mariage, en particulier. Suivez le lien.
Source : Portal lexical
Qui manque gravement à l'équité; qui est injuste de façon criante, excessive.
"Ces jeunes princes s'étaient laissés entourer d'hommes étrangers à tout sentiment de justice et d'honneur. Ces conseillers iniques s'attachèrent surtout à séduire le landgrave Henri."
Charles Forbes René, comte de MONTALEMBERT, Histoire de sainte Élisabeth
"Mais rien ne leur résiste dès qu'ils ont juré la perte d'un magistrat injuste, d'un homme inique en place, ou d'un prince oppresseur."
Jean-Henri-Ferdinand LAMARTELIERE, Robert chef de brigands
Oiseau de proie de la famille des Falconidés, caractérisé par une grande taille, un plumage clair, qui vit dans les régions froides du globe, et qui était jadis utilisé en fauconnerie.
Gerfaut dans la littérature
" Mais le faucon était un animal de noble race, qui avait un coup d’œil de gerfaut. "
Alexandre Dumas, La reine margot
'Il ne portait qu'une chemise de lin blanche comme une hostie, avec un gant de mailles pour son gerfaut."
Jean de La Varende, Esculape
Pour une image: gerfaut
**Edit: Il semblerait que le lien de l'image ci-haut ne fonctionne pas pour certaines personnes, alors je vous en donne un autre: Gerfaut
Source: Portail Lexical
Un proverbe italien dit : « Qui n'espère plus rien, est capable de tout. » Alors que, rageur, je fais les cents pas dans ma cellule, je ne puis arriver à la conclusion que cette expression est celle qui décrit le mieux mon existence.
Je suis Vittorio Bardi. Fils de Quintiliano Bardi et Amina Peruzzi. Ma mère, de faible constitution, mourut en couche. Je naquis meurtrier. Cependant, j’allais devoir attendre
quelques années avant de purger ma sentence.
Mon père, étant l’un des plus riches banquiers de Florence, était continuellement absent et je grandis donc entouré de serviteurs déférents mais
indifférents. La chose, qui faute d’élément de comparaison, m’apparaissait normale, ne m’inquiétait guère car j’eus, dès mon âge le plus tendre, une armée de tuteurs pour jouer avec moi et
m’enseigner tout ce qu’un futur banquier devait savoir. J’étais un enfant rondelet, aux joues rouges et tout ce qu’il y a de plus heureux.
Alors que j’avais sept ans, une terrible épidémie frappa Florence. Je n’eus pas véritablement conscience de la nature de la maladie puisque qu’on me confina
à mes appartements, m’interdisant tout contact avec l’extérieur. Trois des mes tuteurs trépassèrent, dont mon favori, Pierluigi. Mon père, qui pour une rare fois avait été présent à
Florence pour plus de quelques jours, tomba aussi sous l’emprise de cette affliction. Si la mort de Pierluigi m’avait causé un chagrin immense, celle de mon père ne me fit aucun effet.
L’épidémie se calma et je demeurai quelques temps oublié de tous. Puis on sembla se rappeler mon existence. Après peu de tergiversations on choisi de
me confier à mon oncle maternel, Tolomeo Di Arnoldo Peruzzi. Riche banquier, comme tous mes parents proches où éloignés semblaient l’être, c’était un homme corpulent au crâne
dégarni. Il aimait à rire et adorait les enfants. Je passai en la Villa Peruzzi des années confortable entouré des meilleurs tuteurs de Florence.
Ce fut peu après mes douze ans que le vent de la fortune se mit à tourner en ma défaveur. Mon oncle vint un jour interrompre l’un de mes leçon, l’air
grave. Pour la première fois, il me parla d’homme à homme. De banquier à futur banquier. Il m’expliqua la fuites des métaux précieux outre-mer, l’insolvabilité des rois, dont celle
d’Édouard III d’Angleterre, le contrôle sur l’économie napolitaine ainsi que les prêts et investissements à haut risque réalisé conjointement avec la famille de mon père, les
Bardi. Bien qu’encore jeune, j’étais déjà informé de ces faits. Je n’ignorais pas que depuis près de quinze ans, les Peruzzi travaillaient à perte. Cependant, jusqu’à ce
jour, j’avais cru que nous réussirions à éviter la catastrophe et continuerions à faire fleurir notre commerce. Je fus donc fort surpris lorsque mon oncle m’annonça la banqueroute des
Peruzzi et des Bardi.
Ce jour là, je ne repris pas mes leçons et allai prier avec mon oncle à la basilique Santa Croce. La chapelle Peruzzi, qui avait été construite grâce au
dons de mon aïeul Donato di Arnoldo Peruzzi, reçu nos prières silencieuses, elle-même témoin d’un époque où nous avions été prospères.
Dans les jours qui suivirent l’annonce de cette catastrophe financière, je sentis l’atmosphère de la villa changer irréversiblement. On tint de nombreux conseils familiaux, auxquels
j’assistai parfois, et dans lesquels on dit beaucoup mais décida peu. Mon grand-père, Giovani di Ranieri Peruzzi, qui avait vu la splendeur des Peruzzi, semblait incapable d’accepter la
situation et s’obstina à continuer à vivre comme auparavant.
Il ne faudrait pas croire que nous devînmes pauvre. La famille avait fait de nombreux investissements indépendants et possédait de nombreuses
terres. Le problème résidait dans la division des biens. Avec l’ombre de trois disettes dans les trente dernières années, chacun tirait de son côté la couverture afin de s’assurer un
futur viable. Je vis, dans les deux années qui suivirent, plus d’oncles et de cousins que je m’en savais.
De mon côté je me laissai porter par le courant sous l’œil bienveillant de mon oncle qui fit de moi son protégé. Ce favoritisme causa l’envie de nombre de
mes cousins et me créa beaucoup d’ennemi. Malheureusement, je ne m’en rendis compte que trop tard.
En 1347, une des pires épidémies de peste de l’histoire se déclara. Comme une tumeur maligne, le mal se propagea à travers toute l’Europe, ne laissant dans
son sillon que peu de survivants. La commune fit tout en son pouvoir pour stopper la propagation, mais le nombre des morts devint rapidement hors de contrôle et bientôt les rues furent
jonchées de cadavres dont se gavaient avidement les corbeaux avant de mourir eux-mêmes.
Ma famille ne fut pas épargnée. Nombreux furent ceux qui, venus réclamer leur part du butin familial, ne quittèrent jamais la ville, sinon pour aller au
royaume des cieux. Mon cher oncle lui-même, fut victime de la peste et mourut dans d’atroces souffrances.
Je cru à ce moment avoir atteint le paroxysme du malheur. Mais alors que je pleurais mon parent, quelque horrible événement se tramait.
Les membres de ma famille se rendirent rapidement compte qu’afin de survivre, il faudrait quitter la commune où la contagion était aisée. La campagne
d’avérait donc l’endroit le plus sur pour prendre refuge. Or mon oncle était mort, me laissant une grosse partie des biens de la famille. Rapidement, on se mit à m’accuser d’avoir
comploté pour m’emparer de la richesse des Peruzzi afin de les transférer aux Bardi. On alla même jusqu’à m’accuser d’avoir empoisonné Tolomeo afin de mettre la main sur les biens
familiaux. Tel des carnassiers, ils me tourmentèrent sans cesse pendant des semaines, espérant me faire fuir la villa et s’emparer de ce qui était justement mien.
Un soir, alors que je venais d’éteindre ma lampe et me mettre au lit, je les entendis pénétrer dans ma chambre et s’approcher à pas feutrés. Je demeurai
immobile, entre mes draps, affolé à l’idée de savoir qu’ils essayaient de me tuer. Puis, alors que mon cousin écartait la courtine, je m’emparai vivement du poignard berbère que j’avais reçu
de mon oncle et l’enfonçai jusqu’au manche dans le corps de mon assaillant. Au moment où je commis le second meurtre de ma vie, ce que j’avais d’humain disparu pour faire place à la
bête. Tel un animal, je fonçai sur mes autres persécuteurs, lacérant les chairs, poignardant à l’aveuglette.
Je quittai la villa avant l’aube, laissant derrière moi ce massacre et m’engageant sur la voie de la destruction.
Me dirigeant vers le Sud, j’errai ci et là, évitant les agglomérations, me nourrissant de ce que je trouvais dans les champs ou les chaumières
abandonnée. J’ignore combien de temps je marchai, mais lorsque j’atteignis la ville portuaire de Brindisi, mes vêtements n’étaient plus que des loques malodorante. Ma barbe avait poussée
inégalement et me donnait l’air d’un de ces barbares du Nord.
Après cette éternité passée à errer dans des endroits inhabités et silencieux, le vacarme de la ville m’étourdi et m’enivra. On aurait dit que la peste
avait oublié ce coin de pays. La cité me paru magnifique. J’errai au hasard des rues, cherchant distraitement le comptoir des Peruzzi. Je ne le trouvai enfin que pour me rendre compte
qu’il était fermé. Je frappai tout de même à la porte, espérant qu’un de mes parents veuille bien me loger ne serait-ce que pour me rafraîchir. Une femme bien grasse vint
m’ouvrir. Je me nommai, Vittorio Bardi de Florence. J’allais nommer mon père lorsque le la femme m’assomma de son balai et claqua la porte. Le souffle coupé, je perdis
momentanément pied et m’effondrai dans la rue. Puis, enragé par un si grand manque de manière, je me relevai et mis à ruer de coup la porte, clamant haut et fort qui
j’étais. Soudainement, une fenêtre au deuxième étage s’ouvrit et on m’aspergea d’eau sale. La femme m’injuria, criant qu’elle n’avait besoin en son logis d’un voleur d’héritage
pestiféré. La foule qui au départ s’était attroupée autour de moi, amusé du spectacle, se retira bien vite, certains m’ordonnant de quitter la ville avant d’infecter tout le monde, d’autres
me lançant des pierres et autres détritus. Je m’éloignai d’un pas rapide, la tête haute, furieux.
Dans les jours qui suivirent, je tentais tant bien que mal de me nourrir, tout en essayant de trouver un bateau qui m’emmènerait bien loin de la cruauté des
miens. Privé de nourriture depuis plusieurs jours, mon âme commençait à s’égarer et je me surpris même à implorer Dieu d’atténuer un peu ma peine. Le ciel demeura muet à mes prières,
mais les forces de l’ombre semblèrent prêtes à les exaucer.
Un jour où mes recherches avaient été vaines, un homme à l’allure étrange m’approcha. Il avait l’air italien et pourtant, quelque chose dans ses traits de
cadraient pas. Néanmoins, il se présenta dans un italien sans faille. Il s’appelait Chems et était à la recherche d’homme pour l’aider à reprendre les biens que sa famille lui avait
iniquement dérobés. Il offrait une importante somme à quiconque se joindrait à lui et pour prouver ses dires, il me montra une bourse pleine de pièces d’or. Sous la chaleur cuisante du
soleil, je me laissai tenter par l’appât du gain, mais surtout par l’idée de venger un homme qui, comme moi, avait été floué par les siens. Dès que j’eus donné mon consentement, Chems me
guida vers une maison de bains où je pourrais me rafraîchir. Il me donna aussi une pièce d’or pour que je puisse me mettre quelque chose sous la dent. Il m’ordonna de revenir au débarcadère
à la vesprée. Stupidement, je remerciai le ciel et m’exécutai. Le soir même j’embarquai sur le navire de Chems et quittai à jamais l’Italie.
Je n’ai que peu de souvenirs de la traversée. Dès que je fus à bord, on me donna une concoction à base de miel, d’eau chaude et d’une poudre
inconnue. Chems m’assura que ce philtre combattrait le mal de mer. Quelques minutes à peine après avoir ingéré la boisson, je fus pris de vertiges et dû m’appuyer sur le bastingage pour
ne pas m’effondrer sur le pont. Le reste n’est qu’une suite d’évènements dissimulés dans la brume épaisse de mon esprit drogué. Je me souviens avoir fait escale à Constantinople, mais
de la ville légendaire, ne gardai aucun souvenir.
Lorsque que je me réveillai enfin de ma torpeur, j’étais nu, debout dans une pièce à l’éclairage tamisé. À mes côtés, trois autres hommes nus se tenaient
aussi immobiles. La tête m’élançait et j’avais une soif intense. À ma grande surprise, je vis Chems allongé sur des coussins, parlant avec un autre homme dans une langue m’étant
inconnue. Puis, il fit signe à un des hommes de venir s’étendre à ses côtés et se mit à le caresser avec peu d’intérêt. Effaré, je croisai son regard froid. Des yeux, il m’indiqua
la porte où je devinai des hommes armés. J’étais pris au piège. Effaré, je tentai de calmer ma respiration saccadée. Je priai de tout mon cœur pour que l’autre homme choisisse un
des jeunes hommes à mes côtés. Encore une fois, le ciel demeura muet et ce fut moi que l’homme choisi. Je tressailli ; moi qui n’avait jamais connu un femme, l’idée de partager cette
intimité avec un homme m’affola. Certes, il y avait certains rapports similaires chez les Peruzzi, mais je n’y avais jamais pris part.
Mon corps tremblait de toute part alors que je m’allongeai aux côtés de mon tortionnaire. Je me rendis compte rapidement que l’homme lui-même était mal à
l’aise avec la chose. Cela ne contribua qu’à me faire l’haïr davantage. Il me demanda d’abord mon nom et je me nommai franchement. Je tenais à ce qu’il ne m’oublie pas, afin qu’il
sache, le jour où je me vengerais, qui mettais fin à ses jours. Lorsqu’il se mit à me caresser, je fermai les yeux et me laissai faire. Dès ce moment, je ne pu penser à autre chose qu’à
la vengeance.
Dans les mois qui suivirent l’homme sembla s’éprendre de moi. Il s’assura qu’aucun autre homme ne me touchât et me donna les meilleurs tuteurs. Je m’abreuvai de leur savoir, espérant
un jour que ce dernier me servirait d’arme. Je ne revis plus Chems, mais ne l’oubliai point, l’incluant dans mes projets de vengeance. J’allais le dévaster tant et bien que le mal lui ayant
été fait par sa famille lui apparaîtrait comme une faveur en comparaison. Quant à mon « amant », son rôle sembla perdre de l’importance, bien que je me promisse de lui faire payer
cher l’affront qu’il me fit répétitivement.
Je fignolai si bien mon plan qu’il me sembla infaillible. Cependant, un soir, alors que je subissais les étreintes de cet être immonde, des hommes armés
firent intrusion dans la pièce où nous nous trouvions et me saisirent violemment. J’eus beau me débattre, crier, griffer, ils ne relâchèrent pas leur prise. Je me retournai vers mon
« amant » espérant qu’il intervienne mais les gardes demeurèrent sourds à ses ordres. Mes yeux s’emplirent de larmes de rage et je m’évertuai à m’évader de plus bel. On
m’assena un coup derrière la tête puis tout devint noir.
Je me réveillai dans une cellule souterraine avec du sang séché sur la nuque. Je tentai de hurler mais je me rendis compte avec horreur qu’on m’avait coupé
la langue. Je tentai de me relever m’en n’en eus pas la force. Une douleur lancinante me parcouru le bas-ventre. Je compris avec horreur qu’on ne s’était pas attaqué qu’à ma
langue. J’ignore combien de temps je restai ainsi étendu sur la pierre. Tout ce que je sais c’est que la vie n’en avait pas fini de moi. Pas encore.
Mes plaies guérirent et je réussi bientôt à me lever puis à marcher. Les organes dont on m’avait privés avaient été retirés avec le plus grand soin dans le
but de me faire survivre jusqu’à l’exécution. C’est du moins, ce que je présume.
Me voici donc, émasculé et muet, allant et venant dans le noir. Je n’ose que souhaiter que ma mort soit prompte, et que ce chien de Chems soit damné pour l’éternité.
Les rois maudits – LA REINE ÉTRANGLÉE
Maurice Druon
251 pages
Genre : Drame historique
Présentation de l’éditeur
Faisant suite au Roi de Fer, la Reine étranglée commence au lendemain même de la mort de Philippe le Bel. Un prince brouillon, de faible caractère, Louis X
Hutin, dont l'épouse Marguerite de Bourgogne est emprisonnée pour adultère, succède à un monarque exceptionnel. Tandis que la chrétienté attend un pape et que le peuple meurt de faim, les
rivalités, les intrigues, les complots vont déchirer la cour de France et conduire barons, légistes, prélats, banquiers, et le roi lui-même, au fond d'une impasse dont ils ne pourront sortir que
par le crime.
Pour ce qui est de mon appréciation du style, veuillez vous référer à ma critique : Les rois maudits – LE ROI DE FER. Comme ceci est le deuxième tome d’un même auteur, le style est à peu près
identique.
Au niveau du récit Druon captive autant et sait rendre le caractère des personnages avec brio. Dans le récit, Louis X le Hutin m’était tellement exécrable
qu’à certains moments j’avais du mal à poursuivre ma lecture. J’avais juste l’envie d’entrer dans le récit et de le brasser un peu, question de lui remettre les idées en
place ! J’avais beaucoup aimé Philippe IV dans le récit précédent et j’avais peur que ce tome se trouve diminué de son absence. Cependant, Druon a bien su balancer les choses avec
le personnage de Guccio, neveu de l’influent banquier Tolomei. Le jeune homme est tout à fait attachant et pourrait constituer à lui seul le héro d’un récit tout à fait
indépendant.
Cette fois-ci, le récit nous amène à Naples. Druon a bien su contraster la ville italienne et la France, cette dernière apparaissant bien sèche et grise en
comparaison avec la chaleur, l’opulence et le bourdonnement de l’activité napolitaine. Encore une fois, l’auteur explique clairement le contexte et les enjeux politiques de l’époque sans
toutefois alourdir le texte de détails.
Je conseille bien évidemment aussi la lecture du second tome de l’heptalogie puisque tant qu’à commencer la série, autant la finir. D’autant plus qu’elle en vaut vraiment la peine et constitue une saine nourriture pour l’esprit !
Le mot que j’adopte pour la semaine est : hallali.
Alexandre DUMAS, La reine margot.
"Il transforme l'hypothèse de Moltke en certitude (...). C'est l'hallali qu'il sonne avant d'avoir lancé la bête."
Ferdinand FOCH, Les Principes de la guerre
Source : Portail Lexical




